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La mode, le style et la liberté selon Michaël Cohen

Ce que j’aime énormément dans mon métier c’est la possibilité de rencontrer des artistes, des personnalités, des talents et d’échanger avec eux. J’ai décidé de partager avec vous ces petits moments, pas une interview (je ne suis absolument pas journaliste), mais plutôt une conversation avec un artiste que j'aime pour parler amicalement de son rapport à la mode aux vêtements et bien sûr aux souliers et le découvrir peut-être d’une autre manière.

Le deuxième interviewé qui s’est prêté gentiment au jeu est Michaël Cohen. 


Philippe Zorzetto : Pour mon deuxième rendez-vous « La mode et moi », je suis très heureux aujourd’hui de parler de vêtements, de mode, de style et bien sûr de souliers avec Michaël Cohen. Bonjour Michaël.

MC : Bonjour Philippe.

PZ : Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?

MC : Je m’appelle Michaël Cohen. Je suis comédien, réalisateur. Pour me présenter en dehors de mon travail je suis un jouisseur de la vie. On va dire.

PZ : Jouisseur de la vie, d’accord (sourire). Et quand tu étais enfant, tu rêvais d'être acteur ? D’ailleurs, tu es né où ?

MC : J’ai grandi en banlieue à Sartrouville j’étais très mal dans ma peau. J'entends souvent ça de beaucoup d'acteurs. Très mal dans ma peau, très timide, renfermé, pas heureux. Et vers 12, 13 ans, j’ai eu une illumination, comme quoi le théâtre, le métier d’acteur me sauverait de cette vie que je n’aimais pas. C'est devenu comme une évidence. A 15 ans j’ai osé grâce à une rencontre fortuite et j’ai commencé des cours de théâtre, le cours Florent.  Je suis monté sur scène et j’ai trouvé ma place tout de suite. Je savais que je ne la quitterais plus jamais et que je ne lâcherais rien. C’est une vocation qui vient de « je ne sais où ».

PZ: Une vocation. C'est pas mal d'avoir une vocation…

MC : J'ai eu de la chance d'avoir une vocation jeune. C’est une grande chance.

PZ:  Et comment s’organise ta journée quand tu ne tournes pas, quand tu n'es pas dans ton métier d’acteur?

MC : Quand je n’ai pas de rendez-vous le matin, j’aime travailler la nuit

PZ: Tu es un homme de la nuit?

MC : J’aime travailler le nuit, ça veut dire rester chez moi à lire, ou à écrire, regarder des films ou à sortir. Pour moi le travail d'acteur c'est aussi s'imprégner comme une éponge des autres, de ce qu'ils ont à dire, de la manière dont ils parlent, dont ils bougent, dont ils regardent les choses, donc je suis aussi un vampire de la nuit. Ça veut dire que je veux me servir de tout ce qu'il y a dehors. Donc, quand je n'ai pas de rendez-vous le matin, je vis la nuit. Et pour moi vivre la nuit c'est aussi du travail. Je ne m'arrête jamais de travailler, J'ai toujours quelque chose à lire, à apprendre, à écrire, à réfléchir même. J'aime n'avoir rien à faire pour réfléchir, pour rêver.

PZ : comme une période de gestation …

MC : Oui

PZ: On dit souvent que les vêtements pour un acteur sont très importants dans un film pour rentrer dans la peau d'un personnage. Est-ce que c'est vrai ?

MC : Oui, les vêtements, la coiffure. Même les accessoires, un bijou, une montre, un faux tatouage. C'est très important.

PZ: Tu fais attention à ton look? Parle-moi un peu de ton rapport à la mode.

MC : J'aime beaucoup la mode, mais je ne n’essaye pas d'être à la mode, J'aime bien voir ce que font les créateurs. C'est une forme d'expression artistique qui m'intéresse. J'aime voir les défilés, ou voir ceux qui créent, comme Anthony Vaccarello chez Saint Laurent par exemple. Mais en revanche, je ne suis pas à la mode.

PZ : Tu définis ton style d'aujourd'hui comment ?

MC : Là c'est compliqué. Je pense que j'ai un peu le même style depuis très longtemps.  On m'a dit que j'avais un côté rockeur dandy.

PZ : C'est pas mal le rockeur dandy. Est-ce que ton look a évolué avec le temps ? Quand tu étais ado ?

MC : Oui, quand j'étais ado j'étais dans la période romantique, grands manteaux, qui allaient par terre, les grandes écharpes, puis je me suis débarrassé de tout ça. C'est vrai que je m'habille tout le temps pareil. Une paire de boots, un jeans, une chemise ou un pull et un blouson en cuir. Notamment un blouson en cuir que j'ai acheté à Lisbonne il y a 15 ans et que je porte comme une seconde peau. Parfois j'achète des vêtements, j'ai envie de changer, mais je ne les porte pas souvent.

PZ : Parce que tu as un style vraiment défini ?

MC : Non je n’ai rien défini du tout, mais je m'habille un peu comme un super-héros qui aurait tout le temps le même costume,

PZ : Par facilité ?

MC : Parce que je me sens bien dedans. Parce que j'aime bien passer inaperçu dans la rue. J’aime ne pas attirer le regard, car j'ai la chance d'avoir un métier qui lorsqu’on est dans la lumière, attire le regard. Alors dans ma vie de tous les jours, ne n’ai pas forcément besoin d’attirer les regards. Et puis j'ai une espèce de fantasme de Batman quand il ouvre sa penderie et qu’il a tous ses costumes de Batman…

PZ : Alors, tous les matins c’est Batman chez Michaël Cohen 

MC : Oui

PZ : Alors selon toi, le fashion faux pas cela n’existe pas ?

MC : Bah…

PZ : Puisque tu es toujours dans les mêmes vêtements ?

MC : Je ne sais pas si pour quelqu'un je fais un fashion faux pas. Les fashion faux pas cela n’existe pas dans l'absolu. Il n'y a pas si longtemps, on m'a dit que c'était très tendance de mettre des claquettes avec des chaussettes, alors qu'à une époque c'était un fashion faux pas. Donc je ne me permettrais jamais de dire que quelqu’un fait un fashion faux pas, parce que six mois plus tard ça sera la tendance. Et puis ce qui compte c'est de se sentir libre, ne pas s'habiller en fonction des regards des autres. C'est là où on devient créatif.

PZ : Est-ce que tu te souviens de la première paire de souliers que tu as achetée ?

MC : (Réfléchit) Je crois que c'était des bottes à boucles de motard. Un peu comme celles que j'ai achetées chez toi.

PZ : Harley Davidson ?

MC: Oui

PZ : C'était en quelle année?

MC : C'était dans les années 1990, et d'ailleurs après je les ai perdues et j'ai demandé au costumier d’Elephant man de les retrouver et je les ai reportées.

PZ : Tu fais du shopping, du vrai shopping, ou plutôt du shopping sur Internet? Tu es plutôt achat réfléchi ou achat purement compulsif ?

MC : Je ne suis pas encore dans l'achat de vêtements sur internet. J'ai quand même besoin de les essayer. Franchement, si je passe devant une boutique, même si je n’ai pas décidé d'acheter un vêtement et qu'il y a coup de cœur, je rentre. Ce sont les vitrines qui m'attirent.

PZ : Je reviens aux souliers. Est-ce que tu as une paire de souliers fétiches qui te rappellent un rôle dans un film et que tu as conservée ?

MC : Que j'ai conservée non. Mais depuis que je suis comédien et que je tourne, j’essaye toujours au maximum d'avoir des boots. Tu remarqueras que j'ai souvent une paire de boots dans mes films.

PZ : Mais est-ce que tu crois que le réalisateur fait appel à toi aussi parce que tu as un style bien défini ?

MC: Non. J'aime la démarche que nous donne des boots. Je n'aime pas porter les baskets, je ne suis pas un grand fan des souliers classiques.

PZ : Est-ce que tu entretiens ta paire de boots ou pas du tout ?

MC : Alors, non, pas du tout. Je ne les entretiens pas. Parfois je passe un coup de lingette pour bébé dessus et c'est pas mal.

PZ : Tu aimes quand elles sont un peu déglinguées.

MC: Oui j'aime bien quand elles ont vécu.

PZ: Et tu as combien de paires de boots?

MC : Je dois en avoir une trentaine. Il faut savoir que j'ai la chance d'avoir un métier où on m'offre des choses après les tournages, et je garde les chaussures.

PZ : Une dernière question, Tu as un conseil à donner aux gens pour être bien dans ses pompes ?

MC : Bien connaître sa taille et puis...

PZ : Très judicieux.

MC : Et puis je vais redire que je j'ai dit tout à l’heure : n'en avoir rien à faire du regard des autres. Parce qu'il y aura toujours quelqu’un pour juger et à partir du moment où on se libère du jugement, on est un « King »

PZ : Merci beaucoup Michaël. On se retrouve très bientôt cette fois-ci, avec une invitée. Je vous dis à bientôt et merci

MC : Merci Philippe

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